Le Blog d'Olivier Da Lage

Modi d’Arabie: Visite du premier ministre indien à Riyad

Posted in Inde, Moyen-Orient by odalage on 31 mars 2016

Par Olivier Da Lage

Cet article est paru initialement le 31 mars 2016 dans Orient XXI

Huit mois après sa visite aux Émirats arabes unis, le premier ministre indien Narendra Modi se rendra les 2 et 3 avril en Arabie saoudite. On aurait tort cependant de ne voir dans cette visite que ses aspects protocolaires ou économiques : pour l’Inde, le Proche-Orient est devenu un enjeu stratégique.

Les raisons objectives d’une telle visite ne manquent pas : l’Arabie saoudite est le principal fournisseur de pétrole de l’Inde, près de 2,8 millions de ressortissants indiens résident dans le royaume et l’Inde, à la recherche d’investisseurs étrangers pour alimenter ses projets de make in India pourrait difficilement frapper à meilleure porte — malgré les difficultés budgétaires actuelles du royaume. Par ailleurs, au fil des décennies, les dirigeants indiens et saoudiens ont régulièrement échangé des visites officielles, même si celles-ci sont plutôt espacées.

Depuis son accession au pouvoir en mai 2014, Narendra Modi a consacré une énergie inattendue à la révision complète de la politique étrangère de l’Inde. Ce n’est pas à proprement parler une remise en cause de la diplomatie suivie jusqu’alors, mais plutôt une rationalisation, faite de nombreux ajustements et de redéfinition des priorités, de ses orientations fondamentales. Concernant le Proche-Orient, on s’attendait plutôt à voir Modi réserver à Israël son premier voyage dans la région. Ce fut Abou Dhabi et Dubaï. Il était cependant question qu’il se rende en Israël à la fin de l’année 2015. Aucune date n’avait été fixée et, à la place, la ministre indienne des affaires étrangères Sushma Swaraj s’est rendue à Jérusalem et Ramallah en janvier pour poser les jalons d’une telle visite, en se gardant soigneusement de proférer la moindre parole controversée. À présent, il se dit que Benyamin Nétanyahou pourrait venir à New Delhi avant que Modi ne se déplace en Israël, mais aucune date n’a encore été annoncée, ni pour l’un, ni pour l’autre. C’est donc en Arabie saoudite que Modi foule donc pour la seconde fois la terre proche-orientale en tant que chef du gouvernement indien.

Des intérêts bien compris

Modi est réputé hostile aux musulmans en raison de l’idéologie du parti nationaliste hindou (Parti du peuple indien, BJP) qu’il représente, mais surtout à cause des émeutes de 2002 entre hindous et musulmans au Gujarat qu’il dirigeait alors et au cours desquelles près de 2 000 personnes, principalement des musulmans, ont été tuées. Il a donc été accueilli assez fraîchement par les dirigeants arabes, notamment saoudiens, lors de son succès électoral. Pourtant à la mort du roi Abdallah en janvier 2015, ce même Modi a déclaré une journée de deuil national. Entre-temps, les deux hommes qui s’étaient rencontrés fin 2014 en marge du G20 de Brisbane avaient commencé à se connaître, et surtout, à comprendre l’intérêt qu’ils pouvaient présenter l’un pour l’autre. Bref, l’approche stratégique prenait le pas sur l’idéologie.

Entre les deux pays, les relations sont anciennes et bien ancrées à défaut d’être étroites et profondes. Le tournant — car il y en a un — est intervenu en janvier 2006, lors de la visite en Inde du roi Abdallah qui était l’invité d’honneur du défilé militaire de la «  journée de la République  ». Le royaume wahhabite est pleinement conscient que son avenir s’inscrit de façon croissante à l’Est. À l’époque, le pétrole et le gaz de schiste américains ne permettaient pas encore aux États-Unis de se passer de l’or noir saoudien, mais l’Arabie saoudite était à la recherche de clients intéressés dans le long terme par ses hydrocarbures. Or, l’Inde et la Chine répondaient parfaitement à cette définition : voilà deux pays dont le développement économique est impressionnant, la population gigantesque et dont, par conséquent, les besoins énergétiques s’envolent. Ajoutons, ce qui ne gâte rien, que contrairement aux États-Unis, ni la Chine ni l’Inde n’ont l’habitude de sermonner leurs partenaires sur les droits humains. Ce sont donc bien des partenaires stables et fiables, intéressants pour Riyad qui ne cherche aucunement à remplacer les États-Unis en tant que protecteur du royaume. Quel que soit l’état — déplorable à l’heure actuelle — des relations entre les deux pays, elles ont survécu à tant d’épreuves depuis des décennies que personne n’imagine sérieusement qu’une rupture soit possible dans un avenir prévisible. Cela tombe bien : ni l’Inde ni la Chine n’aspirent à remplacer les États-Unis dans le Golfe, il n’y a donc aucun malentendu à ce sujet.

Iran et Pakistan, les sujets qui fâchent

Outre les sujets de discussions incontournables évoqués plus haut (pétrole, investissements, communauté indienne d’Arabie saoudite), Modi et ses hôtes saoudiens vont évidemment avoir des discussions politiques. Deux sujets, en particuliers, sont plus délicats que les autres : le Pakistan et l’Iran.

Dans un entretien au Times of India en date du 10 mars 2016, le ministre saoudien des affaires étrangères Adel al-Jubeir a insisté sur le fait que «  les relations [de l’Arabie saoudite] avec le Pakistan ne seraient pas au détriment de [ses] relations avec l’Inde  ». Le non-dit (mais fortement suggéré) est que réciproquement, le renforcement des liens de l’Arabie saoudite avec l’Inde ne se traduirait pas par une prise de distance vis-à-vis d’un pays qualifié dans la même interview d’«  allié historique [qui] le restera  ». On mesure l’importance du Pakistan pour l’Arabie saoudite par les deux visites à Islamabad quelque peu précipitées et à quelques jours d’écart seulement au mois de janvier d’al-Jubeir puis du ministre de la défense et vice-prince héritier, Mohammed Ben Salman. Les visites intervenaient quelques semaines après le refus du Pakistan de rejoindre la «  coalition contre le terrorisme  » annoncée à la mi-décembre par ce dernier. Malgré une irritation mal dissimulée, le royaume ne veut en aucun cas que le Pakistan prenne ses distances. Il a pourtant par deux fois décliné l’invitation à suivre Riyad : d’abord en avril 2015 lorsque son Parlement a refusé d’envoyer des troupes au Yémen contre les houthis, puis en étant absent de la coalitiondes trente-quatre nations musulmanes menée par l’Arabie saoudite.

Cela représente une opportunité pour le premier ministre indien qui va sans doute tenter de rééditer à Riyad le coup de maître joué à Abou Dhabi huit mois auparavant, lorsqu’il a obtenu des Émirats arabes unis la publication d’un communiqué commun dénonçant les États qui se servent de la religion pour parrainer le terrorisme, une expression qui visait clairement le Pakistan.

Mais le véritable test des relations saoudo-indiennes sera l’Iran. New Delhi a de bonnes relations avec Téhéran. Or les Saoudiens ont actuellement tendance à évaluer la fiabilité de leurs partenaires à l’aune de la position qu’ils prennent vis-à-vis de la République islamique (à l’instar de la façon dont l’Inde se comporte, s’agissant du Pakistan). Il est peu probable, cependant, que l’Arabie saoudite fasse ouvertement pression sur l’Inde pour qu’elle prenne ses distances avec l’Iran. Le ferait-elle que ce serait mettre New Delhi dans une position impossible. D’un point de vue stratégique, l’Inde a besoin de l’Iran pour assurer une partie de ses approvisionnements en gaz et en pétrole afin de contribuer à la stabilisation de l’Afghanistan dans la perspective du départ des Américains. Et comme route lui permettant l’accès à l’Asie centrale grâce au port iranien de Chabahar en mer d’Oman qui permettrait, entre autres, de réduire la dépendance de Kaboul à l’égard du Pakistan.

L’antiterrorisme, terrain d’entente

Outre la politique traditionnelle de l’Inde consistant à ne pas prendre parti dans les querelles opposant des pays tiers, l’autre raison qui devrait en toute logique conduire Narendra Modi à refuser de prendre position dans le conflit mettant aux prises l’Iran et l’Arabie saoudite est que parmi les quelque 180 millions de musulmans indiens, près d’un quart sont des chiites. Une médiation, parfois évoquée par la presse indienne, est tout autant exclue : ni le premier ministre pakistanais Nawaz Sharif, ni le président chinois Xi Jinping qui se sont rendus en janvier successivement dans les deux capitales du Golfe ne s’y sont risqués. Pour l’heure, l’hostilité entre les deux pays est si profonde que nulle médiation n’est envisageable.

C’est donc très probablement sur le terrain de la coopération antiterroriste contre les mouvements djihadistes que le nationaliste hindou et le monarque wahhabite devraient paradoxalement trouver un terrain d’entente. On le sait peu, mais une telle coopération est déjà en place. Elle a permis l’extradition vers l’Inde de plusieurs suspects, dont Abou Jandal, un Indien lié aux attaques de novembre 2008 à Bombay renvoyé dans son pays en 2012, ou encore Mohammed Assadullah Khan (alias Abou Soufyan), militant du Lashkar-e-Taiba1, expulsé en décembre 2015 d’Arabie où il avait été arrêté à la suite d’un partage de renseignements entre l’Inde et le royaume saoudien. Car si l’Inde s’alarme du risque que représente l’infiltration de militants djihadistes, le royaume sait pertinemment que le régime des Saoud figure en bonne place dans les objectifs de l’organisation de l’État islamique.

Réputé pro-israélien et antimusulman, Narendra Modi est en train de faire la preuve d’un savoir-faire diplomatique et d’un pragmatisme dont peu le créditaient en s’appuyant en premier lieu sur les pays musulmans conservateurs de la péninsule Arabique pour avancer ses pions. Il ne fait en cela qu’appliquer les préceptes de Kautilya2, l’auteur de l’Arthashastra, un manuel destiné aux rois sur la façon de gouverner : «  ton voisin est ton ennemi naturel, mais le voisin de ton voisin est ton ami  ».

Coup de balai clanique à Riyad

Posted in Moyen-Orient by odalage on 29 avril 2015

Par Olivier Da Lage

On a donc appris nuitamment le remaniement d’ampleur auquel vient de procéder le roi Salman. Le plus important est que le prince héritier Mouqrin, nommé voici un an « vice-prince héritier » par le roi Abdallah a été relevé de sa charge « à sa demande » et remplacé par son suivant de liste, le prince Mohammed bin Nayef, tandis qu’apparaît dans la file d’attente le propre fils du roi, Mohammed bin Salman. Bien d’autres changements significatifs accompagnent celui-ci, notamment le remplacement du ministre des Affaires étrangères, le prince Saoud Al Fayçal, en poste depuis… 1975 par l’actuel ambassadeur du royaume aux États-Unis Adel Joubair.

Quelques réflexions, en vrac, sur ces décisions royales.

  • Le roi Salman s’assoit sur les institutions léguées par son prédécesseur Abdallah, et notamment le Conseil d’allégeance institué en 2006, représentant toutes les lignées de la descendance d’Abdelaziz. Les nominations des prince héritiers et vice-prince héritiers effectuées par Abdallah avaient été discutées et validées (non sans débat, d’ailleurs) par le Conseil d’allégeance. Salman n’en a cure et a décidé de se passer de l’avis de ce conseil. Incidemment, l’idée que le prince Mouqrin aurait demandé de lui-même à être relevé de ses fonctions est risible et évoque irrésistiblement le communiqué du Kremlin annonçant en 1964 le remplacement de Khrouchtchev par Brejnev à la tête du PCUS.
  • Les choix de Salman, quels qu’en soient les justifications, favorisent exclusivement la lignée des Soudayri (les fameux « Sept Soudayri », fils de Hassa bint Soudayri, parmi lesquels Fahd, Khaled, Nayef, Sultan et Salman lui-même) en écartant les proches du défunt Abdallah et notamment la lignée des fils du roi Fayçal.
  • Pour la première fois depuis 1953, un roi d’Arabie nomme comme successeur l’un de ses fils. Mouqrin était le plus jeune fils du fondateur du royaume. Désormais, on sait que le prochain roi d’Arabie sera, quoi qu’il arrive, un petit-fils d’Abdelaziz. Le saut de génération est là.
  • En nommant Adel Joubair à la tête de la diplomatie saoudienne, Salman nomme un jeune technicien extrêmement compétent et loyal (il avait été le conseiller diplomatique d’Abdallah avant d’être nommé par ce dernier ambassadeur à Washington). Mais, n’étant pas membre de la famille régnante, il sera un conseiller et un exécutant, mais pas un centre de pouvoir pouvant contester celui des princes.
  • Last, but not least, confirmant ses premières décisions du mois de janvier aussitôt après son accession au pouvoir, Salman s’affirme en monarque autoritaire, hardi et résolu, ne reculant pas devant la confrontation, que ce soit à l’intérieur du royaume ou en politique étrangère (l’exemple de la guerre du Yémen est parlante). Mais contrairement à tous ses prédécesseurs, sans exceptions, qui cherchaient le consensus au sein de la famille et préféraient privilégier l’unité de celle-ci, même si cela signifiait renoncer à faire prévaloir leurs vues (les exemples ne manquent pas), Salman mise tout sur un clan, celui des Soudayri, et de jeunes technocrates qui ne risquent pas de contester son autorité. Dans un premier temps, l’efficacité du système de décisions devrait en profiter. Mais à terme, quand les premières tensions sérieuses se feront jour, est-on vraiment assuré que Salman et ses affidés pourront compter sur une loyauté à toute épreuve du reste des Saoud ? Il est bien trop tôt pour y répondre, mais la question se pose déjà.Lire également :

    Arabie : le legs d’Abdallah
    « Game of thrones » à Riyad

Arabie : Le legs d’Abdallah

Posted in Moyen-Orient by odalage on 23 janvier 2015

Le roi Abdallah d’Arabie Saoudite est mort jeudi à 91 ans. Le nom de son successeur, le prince Salman, a été annoncé en même temps que son décès.

Par Olivier Da Lage

(English version here)

Le jour même de la mort d’Abdallah, le président du Yémen annonçait sa démission, l’épilogue provisoire d’une crise yéménite qui a viré au cauchemar pour les autorités saoudiennes. La victoire du clan zaydite des Houthis dans la partie septentrionale du Yémen est un échec personnel pour les dirigeants du royaume qui ont tout fait (y compris en recourant à l’aviation pour les bombarder en 2009) pour les écraser. En vain. Aujourd’hui, les houthistes contrôlent une bonne partie du Yemen septentrional, dont la capitale du pays, Sanaa. Comme les zaydites sont une branche du chiisme, Riyad y voit depuis le début la main de l’Iran qui chercherait à encercler l’Arabie en contrôlant son flanc sud. Rien ne le prouve, même s’il est évident que les succès houthistes font le bonheur de Téhéran. La conséquence, c’est que les sunnites, effrayés par la progression des Houthis, sont de plus en plus nombreux à s’en remettre aux jihadistes d’AQPA, Al Qaïda dans la Péninsule arabique, autre ennemi mortel de la dynastie saoudienne. En 1953, sur son lit de mort, le fondateur du royaume, Abdelaziz (Ibn Saoud) aurait confié à ses fils : « Le bonheur du royaume réside dans le malheur du Yémen ». On pourrait ajouter : et inversement.

Le monde que vient de quitter Abdallah est plein de périls pour la monarchie saoudienne. Sur sa frontière nord, l’Etat islamique menace l’existence même du régime. Au nom de ses propres valeurs fondatrices wahhabites. Le mur que construit l’Arabie pour s’en protéger est une digue illusoire, une Ligne Maginot contre un ennemi qui peut non seulement la contourner, mais qui est déjà en place. Car les extrémistes sunnites du Califat d’Al Baghdadi ne manquent pas de soutiens en Arabie, en raison de la peur panique, de la haine qu’inspirent chez nombre de sunnites de la Péninsule le « péril chiite » et l’Iran.

C’est le troisième danger qui guette l’Arabie saoudite, aux yeux de la plupart de ses sujets et de tous ses dirigeants. La République islamique d’Iran. Les télégrammes diplomatiques révélés par WikiLeaks avaient montré un roi Abdallah demandant à ses interlocuteurs américains d’ « écraser la tête du serpent ». Actuellement, l’angoisse des Saoudiens est plutôt la perspective imminente d’un accord entre Washington et Téhéran sur le nucléaire. Un cauchemar absolu pour Riyad. Voici près d’un an, le diplomate onusien Lakhdar Brahimi avait averti le roi que le rapprochement avec Téhéran était la priorité de l’administration Obama. « Ce n’est pas une analyse, c’est une information », avait précisé Brahimi à son royal interlocuteur.

C’est un des éléments de la virulence du sentiment antiaméricain prévalant actuellement dans les cercles dirigeants saoudiens, les autres étant le soutien aux aspirations démocratiques qui se sont fait jour lors du « Printemps arabe » et le lâchage de Moubarak par l’administration Obama début 2011 qui avait fait rentrer d’urgence Abdallah, alors en convalescence au Maroc, pour mener depuis Riyad la contre-révolution qui, il faut le reconnaître, a été une réussite.

Reste la chute vertigineuse des prix du pétrole. Qui a perdu plus de la moitié de sa valeur depuis le mois de juin, privant l’Arabie Saoudite de recettes considérables. Mais ce n’est pas seulement une chute subie. Elle est en grande partie la conséquence de la politique pétrolière saoudienne elle-même. L’Arabie, comme cela a déjà été le cas au milieu des années 80 (à partir de 1986) veut coûte que coûte préserver sa part de marché ; elle veut aussi rendre non rentable l’exploitation du gaz de schiste par les Etats-Unis qui risque d’entraîner un découplage stratégique entre Washington et ses alliés du Moyen-Orient, à commencer par Riyad ; il s’agit enfin de mettre à genoux l’Iran et, accessoirement l’Irak, les autres grands producteurs de la région, mais dont la population importante ne permet pas de faire face durablement à une baisse du cours du baril, contrairement à l’Arabie qui disposerait de réserves financières supérieures à 750 milliards de dollars. Le cours d’équilibre pour le budget saoudien est légèrement supérieur à 100 dollars. Avec un baril à moins de 50, on est loin du compte, mais le royaume peut faire face à un déficit important pensant encore au moins deux ans… Mais sans doute pas davantage, tant est important le niveau des dépenses publiques dont une bonne partie servent à acheter la paix sociale après les troubles du début 2011.

L’environnement dont hérite à 79 ans le roi Salman n’a rien de rassurant. La seule chose qui pourrait le rassurer est que, souffrant d’Alzheimer et sans doute aussi de leucémie, il n’aura sans doute pas à exercer longtemps le pouvoir. La tâche en incombera alors à son successeur, si les événements ne se précipitent pas d’ici là.

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