Le Blog d'Olivier Da Lage

India and the Syrian quagmire

Posted in Inde, Moyen-Orient by odalage on 9 mars 2016

With a cessation of hostilities been brokered by Russia and the United States, the conflict in Syria has entered a tense pause. India has had a bystander attitude to the conflict in Syria. However, with the truce expected to be short, does India have the incentive or the option to depart from its current position, and deepen its engagement in Syria?

By Olivier Da Lage

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Ramifications of Saudi Arabia’s mass execution

Posted in Inde, Moyen-Orient by odalage on 13 janvier 2016

By executing an influential Shia cleric among 47 other prisoners, Saudi Arabia has increased the possibility of prolonging conflict in West Asia. The country’s actions have stirred up its differences with Iran, thereby diminishing the possibility of finding political solutions to the civil wars in Syria and Yemen.

By Olivier Da Lage

Read the full text on Gateway House’s website.

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L’Inde veut réaffirmer sa puissance face à la Chine

Posted in Inde by odalage on 16 mars 2015

L’Inde de Narendra Modi : quelle stratégie?

Posted in Inde by odalage on 12 mars 2015
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La Modi-fication de l’Inde

Posted in Inde by odalage on 25 mai 2014

Ce lundi 26 mai, une page se tourne en Inde avec la prise de fonction du nationaliste hindou Narendra Modi à la tête du gouvernement indien, en présence d’un parterre de dignitaires étrangers parmi lesquels le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif. Modi va-t-il rester fidèle à son idéologie et tenter de faire de l’Inde un « Pakistan hindou », ou au contraire profiter de son incontestable aura pour la mettre au profit d’une modernisation et d’une croissance incluant toutes les composantes de cette mosaïque de communautés qu’est l’Inde ?

Par Olivier Da Lage

Depuis que Narendra Modi a mené son parti à la victoire, ses partisans se définissent en tant que « Modified Indians ». Ce jeu de mots en dit long sur les espoirs placés par ses électeurs dans le nouvel homme fort de l’Inde. Ses électeurs : les conservateurs traditionnalistes et nationalistes hindous, bien sûr. Mais cette seule base n’aurait pu assurer au BJP une majorité absolue de sièges à la Lok Sabha, la chambre basse du Parlement. Ceux qui ont véritablement fait le succès de Narendra Modi sont ces jeunes urbains, unis par le rejet de ce qu’est devenu le parti du Congrès (une dynastie familiale entourée de barons corrompus) et une indifférence totale à ce qui relève pour eux de la préhistoire : le mouvement national mené par le Congrès pour l’indépendance de l’Inde. Unis aussi par une commune rage de sortir du carcan administratif des babus, ces fonctionnaires vétilleux et corrompus qui brident l’initiative privée. Ils croient à la promesse de Modi : ce que j’ai fait pour le Gujarat, je le ferai pour l’Inde. Autrement dit, une administration efficace, une bureaucratie minimale, un climat favorable aux affaires, l’enrichissement programmé pour tous, en tout cas, pour ceux qui ne sont pas marginalisés parce que musulmans, chrétiens, ou intellectuels non séduits par le charisme de Narendrabhai.

Et peu importe que le succès économique du Gujarat ait préexisté à l’avènement de Modi à sa tête en 2001, que la croissance économique de plusieurs États de l’Union indienne dépasse celle du Gujarat, et que, de toute façon, les recettes applicables au Gujarat soient difficilement transposables à l’échelle du pays tout entier. Ces puissantes aspirations sont évidemment grosses de désillusions futures si Modi n’est pas capable d’y répondre rapidement, après avoir créé tant d’espérances chez ceux qui l’ont porté au pouvoir. En passant, soulignons que le système électoral hérité des Britanniques basé sur le scrutin de circonscription uninominal à un seul tour (first past the post) a permis au BJP, avec 31 % des voix seulement, d’obtenir la majorité absolue des sièges.

Personnalisation à outrance

Il serait injuste de faire de l’usure du Congrès après dix années de pouvoir et de l’incompétence de Rahul Gandhi qui a mené en son nom la campagne, les seules raisons d’une victoire du BJP, qui n’est pas une victoire par défaut.

Le crédit en revient incontestablement à Narendra Modi lui-même, qui a mené de main de maître sa conquête du pouvoir, personnalisant la campagne du BJP comme seule Indira Gandhi avait su le faire avant lui avec la campagne « Garibi hatao » (« éradiquons la pauvreté ») en 1971 . Cette fois, le slogan était : « Aab ki baar, Modi sarkar » (« cette fois, un gouvernement Modi ») et Modi était seul sur la photo dans tout le pays, loin des terres d’élection habituelles du BJP. Comme à son habitude, Modi n’a rien laissé au hasard. Aucun détail n’était trop insignifiant pour cet organisateur-né qui depuis l’âge de treize ans baigne dans l’organisation de manifestations, de mouvements de protestation, d’élections pour le compte des diverses organisations de la Sangh Parivar, la mouvance nationaliste hindoue, à commencer par le RSS1 et le BJP. Son autorité naturelle (autoritarisme, diront plutôt ceux qui, au sein de son organisation ou de l’administration du Gujarat ont eu à le subir), son incontestable charisme électrisant des foules de partisans en transes, ses cruels traits d’esprit décochés à l’adresse des leaders du Congrès –Rahul Gandhi, qualifié de shahzada, autrement dit « prince », en ourdou, par référence aux envahisseurs musulmans de la dynastie moghole, allusion transparente à sa qualité d’héritier de la dynastie Nehru – ont puissamment contribué au succès électoral des candidats du BJP.

Cette personnalisation à outrance, digne d’une élection présidentielle, confère à Narendra Modi un pouvoir considérable. Elle le rend aussi dépositaire d’attentes démesurées qu’il n’est pas certain de pouvoir satisfaire, au risque d’un sévère effet boomerang.

Développement économique à l’ombre d’un nationalisme autoritaire

A l’heure de succéder à Manmohan Singh, Narendra Modi a le choix entre deux orientations majeures, incompatibles entre elles.

Modi peut voir en ce moment l’aboutissement de toute une vie consacrée à promouvoir le triomphe du nationalisme hindou et imposer (ou plutôt, tenter d’imposer) à l’ensemble de l’Inde l’ordre qu’il fait régner au Gujarat, appuyé par une administration épurée et une infiltration à tous les niveaux par les miliciens du RSS. Ses tendances autoritaires l’y prédisposent, ainsi que l’illustre d’une façon très convaincante la remarquable biographie que lui a consacré Nilanjan Mukhopadhyay (Narendra Modi, the man, the times, Tranquebar Press 2013). La communauté musulmane, en particulier, serre les dents. Nombre de ses membres sont tétanisés par l’arrivée au pouvoir de l’homme qui dirigeait l’État du Gujarat lors des pogroms antimusulmans de 2002 et que beaucoup soupçonnent d’avoir délibérément laissé la bride sur le coup aux tueurs, bien que la justice n’ait à ce jour rien pu prouver. Durant la campagne, Modi a manifesté une indifférence étudiée aux préoccupations des musulmans, tout en désavouant ceux de ses acolytes qui se laissaient aller à des dérapages verbaux antimusulmans. De fait, jamais la Lok Sabha n’a compté aussi peu de députés musulmans. Si cette orientation se vérifiait, cela signalerait le début d’une période trouble pour le pays car avec 31 % des voix, le BJP n’a pas reçu mandat de transformer une société extrêmement résiliente et rebelle à l’autoritarisme, ainsi qu’Indira Gandhi l’a appris à ses dépens entre 1975 et 1977.

Mais il se peut tout aussi bien que Narendra Modi, ayant effacé l’humiliante défaite du BJP en 2004, veuille assurer sa place dans l’histoire comme l’homme qui a réussi à relancer la croissance indienne, à asseoir la puissance extérieure de l’Inde lui permettant de parler d’égal à égal avec la Chine, la Russie, l’Europe et les États-Unis. Ses modèles sont à chercher du côté de Lee Kwan Yew à Singapour ainsi que de l’actuel Premier ministre japonais Shinzo Abe. Un développement économique à l’ombre d’un nationalisme autoritaire, voilà ce qui pourrait définir un gouvernement Modi. D’ailleurs, Narendra Modi n’a pas perdu de temps pour donner une indication de son style de gouvernement : avant même de prendre ses fonctions, il a demandé aux fonctionnaires de renoncer à leurs congés sauf événement personnel urgent, aux administrations de lui préparer des rapports sur tous les projets en cours et actuellement bloqués, avec l’indication des raisons de ce blocage et il a téléphoné au consulat indien de Herat en Afghanistan après l’attentat commis par les talibans. Après des années d’immobilisme, ces initiatives sont plutôt bien accueillies en Inde.

Pour l’heure, seul Narendra Modi lui-même connaît l’orientation qu’il choisira d’imprimer à l’Inde pour les cinq prochaines années, mais la façon dont il a mené sa campagne en se gardant des excès habituels des tenants de l’hindutva (l’idéologie nationaliste hindoue) et l’invitation adressée à Nawaz Sharif laissent penser que le nouvel homme fort de l’Inde a choisi la seconde option. Si tel est le cas, sa base militante sera déçue, mais la jeunesse urbaine qui a assuré son succès n’en attend pas moins.

1Rashtriya Swayamsevak Sangh, milice nationaliste hindoue créée en 1925 sur le modèle des milices fascistes italiennes, matrice idéologique du BJP.

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Aujourd’hui l’Inde

Posted in Inde by odalage on 29 août 2012

Aujourd’hui, l’Inde, Casterman, 2012

Mon nouveau livre, Aujourd’hui l’Inde, co-écrit avec Tirthankar Chanda, est en librairie. C’est un album encyclopédique destiné aux adolescents (mais pas qu’à eux !). Pas une BD, mais bien illustré quand même !

Dans la presse :

Alternatives économiques, avril 2013

II s’agit officiellement d’un documentaire pour jeunes. En réalité, comme les excellents auteurs le reconnaissent, il s’agit surtout d’un album riche en iconographie avec des textes courts comme ceux que les adultes adorent aujourd’hui pour se distraire tout en se cultivant en images. Et le résultat est très réussi, comme d’ailleurs pour ses prédécesseurs Aujourd’hui,  l’Afrique (2010) et Aujourd’hui, la Chine (2011), sortis chez le même éditeur. Avec à chaque fois le souci de mêler un auteur originaire du continent et un journaliste de RFI.

Concernant l’Inde, on ne peut qu’apprécier la justesse des textes et des images qui préservent l’équilibre entrent la richesse du monde indien et la pauvreté économique d’une grande partie de sa population. Grâce à une bonne pondération entre les parties historiques, sociales, économiques et culturelles, le lecteur comprendra aisément le défi de la modernisation sociétale de l’Inde : une condition d’un développement économique plus équilibre et plus juste comme Amartya Sen en rêve.
A lire et à faire lire aux jeunes sans modération.

JEAN-JOSEPH BOILLOT

France Info, 10 février 2013

Histoire et géographie enfin, avec le spectaculaire et très documenté album Aujourd’hui l’Inde de Tirthankar Chanda et Olivier Da Lage.  « Contradictoire, l’Inde » affirment les auteurs en introduction. Le livre, richement illustré, le prouve, qui s’ébahit de mille couleurs, découvertes et énergies, sans faire l’impasse sur les archaïsmes et la pauvreté qui traversent encore la société indienne. C’est une coédition RFI Casterman à lire dès 13 ans.

Emmanuel Davidenkoff

La Revue Politique et Parlementaire, octobre-décembre 2012

Pour les auteurs, l’Inde s’affirme comme l’un des géants, avec la Chine, du Nouveau Siècle et pour le démontrer, ils ont choisi la voie de la pédagogie. L’ouvrage est largement illustré, très précis dans l’information délivrée : les deux auteurs après avoir étudié l’histoire du pays, ses institutions politiques, son économie, n’oublient pas la société et la culture foisonnante du sous-continent indien.

Présenté sous la forme d’un grand format confortable qui fait une grande place à la photographie et aux graphiques, l’ouvrage est destiné à la fois aux adolescents (11/14 ans), mais également aux adultes pressés de découvrir rapidement une actualité dense et importante sous une forme claire et accessible. L’ensemble de l’album est traité sous forme thématique à l’aide de modules informatifs. La mise en page tonique exalte la couleur et fait de cet ouvrage la meilleure invitation pour rencontrer le peuple en mouvement. Un cadeau pour les étrennes du Nouvel An et après…

Tous deux, journalistes, les auteurs sont d’excellents connaisseurs de l’Inde.

L’Inde à Paris, décembre 2012

Connu et reconnu pour ses bandes dessinées, Casterman qui diffuse quelques uns des monstres sacrés du secteur comme Tintin, Alix ou Le Chat de Gelluck, propose aussi une gamme d’ouvrages plus généraux à travers sa branche Jeunesse. Livres encyclopédiques et dictionnaires en sont les fers de lance et l’Inde est de la fête avec Aujourd’hui L’Inde, un nouvel ouvrage qui la met à l’honneur de la plus belle des façons…

Misant sur un graphisme soigné et une iconographie variée, la collection Aujourd’hui met en avant un certain nombre de pays et de continents parmi lesquels la Chine, l’Afrique ou l’Inde. Il est proposé par Olivier Da Lage, déjà connu pour son ouvrage  l’Inde de A à Z (avec Nina Da Lage), et Thirthankar Chanda, professeur à l’Inalco (langues O). Malgré son édition dans une collection jeunesse Aujourd’hui l’Inde s’adresse à tous car la somme d’informations qu’il contient et la diversité des sujets traités en font une excellente présentation de l’Inde moderne. Histoire, Culture, Économie, Famille, tout les grands sujets sociétaux sont passés en revue sans aucune concession et c’est ce qui contribue à rendre l’ouvrage si passionnant.

Organisé en grandes catégories, Aujourd’hui l’Inde aborde les points forts de chaque thématique sous la forme d’un encadré dédié et illustré. Cette forme de présentation encyclopédique permet de piocher en fonction de ses centres d’intérêts pour un sujet particulier.

En conclusion, Aujourd’hui l’Inde est indéniablement un très bel outil de découverte, clair, ouvert et différent par sa modernité et sa clarté. Très richement illustré, il aborde tous les sujets sans compromis et donne de l’Inde une photographie assez juste et loin des clichés souvent véhiculés sur cet immense pays. A 19.50€ l’unité, il sera, en outre, un cadeau idéal pour des enfants et adolescents soucieux d’être bien informés sur le monde d’Aujourd’hui…

Historia, décembre 2012

Écrit par deux journalistes, ce beau livre grand format a pour ambition de montrer l’Inde actuelle à la manière d’un reportage. Mais ce pays immense, le sixième État le plus vaste du monde, marque par une multiplicité d’ethnies, de langues et de traditions, est aussi l’héritier d’une longue histoire, faisant l’objet d’un chapitre détaillé. La politique, l’économie, la société et la culture indiennes sont également présentées avec clarté et concision. Un travail remarquable permettant de comprendre les contradictions de cette puissance mondiale. Pour les 11-14 ans

Le choix des bibliothécaire (Saint-Étienne du Rouvray)
Un documentaire pointu et accessible pour pouvoir faire le point sur ce pays en pleine expansion. Très bien documenté, Aujourd’hui l’Inde résume parfaitement la société indienne et son histoire.
Le Monde Diplomatique, décembre 2012

Deux journalistes, l’un spécialiste de littérature indienne et l’autre de politique internationale, ont uni leurs talents pour dresser le portrait de l’Inde contemporaine dans un album fort réussi. En cinq grands chapitres — histoire, politique, économie, société, culture —, ils parviennent à rendre ce sous-continent facilement abordable pour un jeune public sans simplifier outrageusement. Très pédagogique, l’ouvrage s’ouvre ainsi sur la colonisation britannique, puis relate la marche vers l’indépendance, l’installation de la dynastie Nehru-Gandhi, mais aussi les dégâts du nationalisme hindou. On y trouve également l’analyse des mécanismes ayant conduit à l’émergence économique, le décryptage du système politique (particulièrement compliqué) et des relations avec les voisins, une évocation du cinéma, de la peinture… A noter, les pages sur les religions et la laïcité à l’indienne. Le tout est accompagné d’images éclairantes qui aident à apprivoiser le géant indien.

Martine Bulard
Géopolitiques (RFI) 24 novembre 2012 :
Fin de la success story indienne ? (1)
Fin de la success story indienne (2)
Oeil d’ailleurs, 30 octobre 2012
A la découverte d’un pays immense et fascinant
Voici un passionnant portrait de l’Inde, dans la lignée des deux précédents documentaires : «Aujourd’hui l’Afrique» et «Aujourd’hui la Chine». Le sujet est bien traité, il comporte 5 parties distinctes : Histoire – Politique – Économie – Société – Culture, ainsi que quelques références, pour aller plus loin et une carte du pays en fin de livre.
Bien illustré et adapté aux modes de lecture des pré-adolescents, remarquez qu’il existe peu d’ouvrage de ce type dans l’édition jeunesse. C’est pourquoi, je vous conseille vivement d’en prendre connaissance et de dépasser les quelques représentations exotiques voire un peu « clichées » diffusées ici et là.
L’Inde s’affirme comme l’un des géants du nouveau siècle, il est donc bon d’en savoir plus sur cette vieille civilisation.
(J’ai beaucoup apprécié la page sur la littérature indienne / peu connue en France).

Interview de Tirthankar Chanda pour le Livre international de RFI (27 octobre 2012)

Interview sur le site de l’IRIS Affaires stratégiques

L’amour des livres, 15 octobre 2012
On plonge dès la couverture dans l’univers bigarre et presque kitch de l’Inde senteurs hétérogènes… sublimes paysages, Bollywood et dieux multiples Un grand album illustre de nombreuses photographies et aux divers niveaux de lecture nous entraîne a la découverte de cet autre géant asiatique. Son histoire sa politique et sa société son économie et sa culture : un pays fascinant.
Départ immédiat pour l’Inde

Que connaît aujourd’hui un jeune occidental de l’Inde, si ce n’est quelques clichés? Voici un ouvrage pour lui faire découvrir ce pays émergent riche d’une culture millénaire.

Cet ouvrage a pour but de faire découvrir l’Inde, ce pays émergent qui reste méconnu pour la plupart, notamment des jeunes. Il se compose de cinq chapitres : histoire, politique, économie, société et culture. Proposé en grand format, il laisse une large place à l’illustration et aux couleurs typiques de l’Inde.

Les textes sont organisés, en sous-chapitres de deux pages chacun, dans de courts encadrés pour permettre d’intégrer les informations sans être noyés. Certains mots ou noms propres apparaissent en gras pour les mettre en valeur. Enfin, des portraits de personnalités, avec leurs dates et leur photo complètent ce livre.

Ainsi, le lecteur apprendra l’influence de l’empire britannique dans l’histoire de l’Inde, mais aussi les détails de la marche du sel de Gandhi. Dans le chapitre consacré à la politique, les partis et leurs principaux leaders sont présentés. Et puis, pour parler de l’Inde il faut évoquer son économie qui oscille entre projet spatial et immense pauvreté. Car ce pays des prix Nobel et autres ingénieurs est aussi celui des agriculteurs si endettés qu’ils mettent fin à leurs jours.

La société indienne est, elle aussi, décryptée : la population, la famille, l’éducation et la santé, les inégalités et disparités et les religions. Enfin, la culture indienne est le thème du dernier chapitre. Il est question évidemment du Taj Mahal, du Kâma Sûtra, et de Bollywood, mais aussi des grands auteurs et des 500 chaînes de télévision.

Le jeune lecteur s’envolera en direction de l’Inde, simplement en tournant les pages, et pourtant l’odeur du curry lui arrivera aux narines sans aucun doute. Un trésor qu’il faut avoir dans une bibliothèque car il est à lire et à relire. Très détaillé et bien présenté, il permet d’avoir toutes les clés pour connaître ce pays.

www.rfi.fr, 5 octobre 2012
L’Inde d’aujourd’hui, sans cliché ni tabou
Par Darya Kianpour

Aujourd’hui l’Inde est un ouvrage aux ambitions encyclopédiques écrit par deux journalistes de Radio France Internationale, Olivier Da Lage et Tirthankar Chanda, et coédité par RFI et les éditions Casterman. Le livre richement illustré donne des clés pour mieux comprendre ce géant asiatique appelé à devenir un acteur majeur de la scène politique et économique mondiale.

L’Inde est aujourd’hui avec 1,2 milliard d’habitants la plus grande démocratie du monde malgré la persistance d’un ordre social controversé perpétuant le système des castes. Dixième économie mondiale avec l’ambition d’en devenir la troisième à l’horizon de 2050, derrière les Etats-Unis et le Japon. Premier producteur de films dans le monde… Pour nous familiariser avec ce géant asiatique et nous donner des clés pour saisir ce pays singulier voici Aujourd’hui, l’Inde, un ouvrage écrit à quatre mains par deux journalistes de RFI, Olivier Da Lage* et Tirthankar Chanda**.

La pauvreté, la surpopulation, les vaches sacrées, les bidonvilles, Bollywood, les Maharajahs,… sont les premières images que l’Inde inspire dans l’esprit du grand public. En réalité ce pays se caractérise aussi par un désir inouï de progrès, des villes modernes, une puissance nucléaire, une presse plurielle et libre, une industrie grandissante (automobile, minière, textile), une compétence reconnue dans de nombreux domaines, un tourisme qui se développe de jour en jour et un marché de travail qui attirent les étrangers.

L’Inde contemporaine est l’héritière d’une des premières civilisations du monde. Tout au long de son histoire, le sous continent a fait l’objet de convoitises de la part des grandes puissances : les Grecs, les Perses, les Portugais, les Anglais… Colonisé plusieurs fois, le pays accède définitivement à l’indépendance dans la nuit du 14 au 15 août 1947. Débute alors la longue marche vers la modernisation.

Peut-on parler de l’indépendance et ne pas mentionner les grands hommes qui ont œuvré pour la libération de leur pays du joug colonial ? Gandhi par exemple a lancé un mouvement non violent qui a obligé le colonisateur britannique à plier bagage après deux cents ans de présence ininterrompue. En Inde, il est « Le Père de la Nation » mais sa pensée a traversé les frontières pour devenir universelle. Le jour de son anniversaire, le 2 octobre, est consacré la Journée internationale de la non-violence par l’Assemblée générale de l’ONU.

Aujourd’hui, l’Inde trace l’histoire de ce pays à travers des siècles et donne aux lecteurs des clés pour comprendre l’Inde contemporaine dans toute sa complexité, ses succès, ses échecs et ses ambitions. Sans tabou ni cliché. Car l’Inde reste encore pour le public français un pays lointain, inconnu ou peu connu. L’image de l’Inde en France « est meilleure aujourd’hui. On sort un peu du cliché du pays de la pauvreté où l’on meurt de faim, mais ce stéréotype est remplacé par d’autres : l’Inde des informaticiens ou de Bollywood. Tous ces clichés contiennent bien entendu une part de vérité, mais ils n’en sont pas moins des clichés », constate Olivier Da Lage.

Son co-auteur, Tirthankar Chanda estime qu’« avec le développement du tourisme en Inde et surtout avec l’ouverture de l’économie indienne aux investisseurs étrangers, la perception de l’Inde en France est en train de changer. L’Inde est elle-même en train de changer. La pauvreté recule, lentement mais sûrement, l’émergence d’une classe moyenne indienne a rendu le pays attractif aux investisseurs étrangers. Les entreprises étrangères ne peuvent pas toucher ce marché sans une connaissance réelle des attentes, des désirs et de l’imaginaire de la population cible. » Le livre veut contribuer à « cette connaissance renouvelée, en donnant à voir une Inde loin des clichés et des stéréotypes. C’est ce qui explique, dit encore Tirthankar Chanda, que les propos sur Bollywood soient réduits au minimum, le thème de la religion et de la spiritualité soit présenté comme un fait social et non comme une sorte d’essence indienne. De même, pour la pauvreté ou pour la guerre des religions ».

Présenté en cinq parties – histoire, politique, économie, société, culture -, sous forme d’une encyclopédie pour la jeunesse, Aujourd’hui l’Inde fera aussi le bonheur de tous les parents et adultes désireux de découvrir ce pays ou actualiser leurs connaissances. L’ouvrage vise à présenter de façon claire et vivante les différents aspects de l’Inde d’hier et d’aujourd’hui et propose « une vision analytique plutôt que promotionnelle », insiste Tirthankar Chanda. « Notre véritable espoir, assure Olivier Da Lage, est que nos lecteurs ne se disent pas qu’ils savent tout de l’Inde en refermant le livre, mais qu’il leur donne les connaissances de base, et surtout l’envie d’aller plus loin dans la découverte de ce pays ».

Et pour aller plus loin, une bibliographie et une filmographie ainsi qu’une liste de sites internet sont répertoriés à la fin de l’ouvrage.

La tête dans les étoiles, 3 octobre 2012

Pour changer quelque peu des ouvrages de littérature jeunesse à destination des tout-petits, je voulais faire un coup de projo sur un livre-documentaire à l’indéniable qualité.

Profitant du mariage de la miss Babidji qui approche à grands pas, j’avais envie de lui faire un petit clin d’oeil puisque le volume dont je souhaite vous parler traite d’un pays cher à son coeur: l’Inde.

Après « Aujourd’hui l’Afrique » et « Aujourd’hui la Chine », RFI continue de décliner sa collection allant à la découverte du monde actuel en coéditant avec Casterman « Aujourd’hui l’Inde ». Écrit par Tirthankar Chanda et Olivier da Lage, il s’agit d’un superbe album richement illustré.

L’Inde, voisine de la désormais incontournable et inévitable Chine, est l’autre géant du continent asiatique.

Au-delà de son potentiel économique exponentiel, fruit des ses industries en plein essor et de sa population nombreuse, l’Inde est aussi un géant de par son héritage culturel. C’est un pays marqué par des personnalités fortes qui ont laissé leur empreinte dans l’histoire et la pensée du monde entier.

Pourtant rien ne semblait présageait de ce destin quand on se retourne sur le passé de ce pays. Pauvreté séculaire, système social figé dans sa hiérarchisation sclérosée, ont durablement ralenti son développement.

Depuis quelque décennies, l’Inde est marquée par une série de bouleversements dont les impulsions opèrent un véritable retournement de situation. Hier sous-développée, aujourd’hui promise à devenir la 3ème économie mondiale à l’aube de 2050.

Ce volume dépeint très justement ce pays incroyable où se côtoient croissance économique spectaculaire et traditions millénaires. Entre pesanteurs et promesses de lendemains qui chantent, « Aujourd’hui l’Inde » propose une vue d’ensemble sur ce pays en marche vers son destin.

Un superbe ouvrage aux couleurs séduisantes et attractives. À l’intérieur de nombreuses et superbes photos sont intégrées dans des mises en pages ludiques et soignées qui croisent portraits politiques, croyances religieuses, innovations industrielles. Bref, un bouquin vraiment plaisant à feuilleter qui ne manquera pas de satisfaire notre appétit de découverte et de connaissances.

Jeune Afrique, 24 septembre 2012

L’Inde expliquée aux ados

GANDHI, LE TAJ MAHAL, les vaches sacrées… Notre connaissance de l’Inde, puissance émergente s’il en est, se résume trop souvent à une collection de clichés.
Bonne raison de ne pas manquer Aujourd’hui, l’Inde, très utile opuscule écrit conjointement par Tirthankar Chanda, que les lecteurs ae Jeune Afrique connaissent bien, et Olivier Da Lage à l’intention des adolescents – mais que rien n’interdit aux parents de lire en cachette. Divisé en cinq chapitres (histoire, politique, économie, société, culture) abondamment illustrés, l’ouvrage, une fois refermé, nous laisse un peu moins ignorants que nous ne l’étions en l’ouvrant. Est-ce si fréquent ?

Jean-Michel Aubriet

rfi.fr, 24 septembre 2012

Après «Aujourd’hui l’Afrique» et «Aujourd’hui la Chine», RFI a le plaisir de vous présenter le documentaire jeunesse «Aujourd’hui l’Inde» coédité avec Casterman. Ecrit par deux signatures de la maison, Tirthankar Chanda et Olivier Da Lage, cet album richement illustré donne à voir toute la complexité d’un géant entré de plain pied dans la modernité malgré certains handicaps hérités de l’histoire.

La civilisation de l’Indus y a émergé en 2500 avant Jésus-Christ, la « civilisation de la rivière perdue » il y a 7000 ans peut-être… D’ici une quinzaine d’années, sa population aura dépassé celle de la Chine… Le pays compte 200 000 millionnaires et une cinquantaine de milliardaires… Le cinéma indien produit près de 3000 longs-métrages par an… Pour ceux qui en doutent ou, plus simplement l’ignorent, voici un livre pour découvrir que l’Inde est l’autre géant du continent asiatique, et inévitablement une grande puissance de demain.
Certes, il reste des handicaps : de 35à 40% des Indiens vivent sous le seuil de pauvreté et près d’un habitant sur cinq dans un bidonville. Si la constitution a aboli la discrimination entre les castes, en pratique, celle-ci est toujours vivace, particulièrement à la campagne. Or 70% des Indiens vivent encore en zone rurale…

Mais malgré ses lourdeurs et ses nombreux défauts, la démocratie en Inde est une réalité depuis 1948, ce qui explique qu’on qualifie la Fédération indienne de “plus grande démocratie du monde”. L’alternance entre le parti du Congrès, qui a dirigé le pays pratiquement sans partage de l’indépendance jusque dans les années 1970, et les nationalistes hindous du BJP est désormais entrée dans les mœurs. Ces deux grands partis sont obligés de composer avec une multitude de partis régionaux, religieux ou de castes.
« Aujourd’hui l’Inde », c’est un livre agréable à lire, richement illustré pour découvrir un pays-continent au-delà du Taj Mahal, de Bollywood et des vaches sacrées. Une invitation à partir à la rencontre d’un pays en marche vers son destin.

L’Est Eclair, 23 septembre 2012

JEUNESSE- Regards sur l’Inde
Après le succès d’Aujourd’hui l’Afrique et Aujourd’hui la Chine, ce nouvel ouvrage de la collection permet de visiter l’Inde, cet immense pays qui s’affirme comme l’un des géants du nouveau siècle. En perpétuel bouleversement, ce pays gigantesque demeure une inépuisable source de surprises. Cet album documentaire grand format, qui fait une large place aux photographies, fait le point sur cette actualité de façon attrayante, accessible et claire. Au cours de ce voyage en images, on s’initie avec bonheur à l’histoire, la politique, l’économie, les mœurs et la culture de ce fabuleux pays.

Babelio, 22 septembre 2012

Un magnifique documentaire, très complet pour découvrir la richesse de ce pays. C’est un livre grand format qui s’apparente à un livre d’art tellement il est beau à regarder et les pages peuvent chacune être longuement admirées. Les couleurs vives contribuent au plaisir des yeux, tout comme les fonds de page travaillées avec des arabesques et autres décorations.

Par ailleurs, le contenu est très vaste et intéressant, les chapitres sont bien découpés et les illustrations variées : photos, peintures, dessins, objets diverses nous permettent une approche ludique de ce pays si complexe ! Tout y est : l’histoire, la géographie, la politique, la société, la religion, la culture, les arts. Une carte et un index complètent l’ouvrage ainsi que des références de romans, films et sites internet pour compléter le voyage.

Une réussite !

Petites madeleines, 20 septembre 2012

Un documentaire pétillant

Il en manquait, des documentaires jeunesse accessibles mais complets et sans langue de bois sur cette puissance incontournable qu’est devenue l’Inde ! Pour un voyage didactique et coloré, 80 pages à découvrir dès sa parution le 26 sept!

« Comme sa voisine la Chine, l’Inde est aujourd’hui l’une des « nouvelles frontières » qui constituent l’horizon du XXIe siècle. En perpétuel bouleversement depuis plusieurs décennies, et enfin en mesure de faire émerger son immense population du sous-développement, ce pays gigantesque demeure une inépuisable source de surprises, où se côtoient croissance spectaculaire et traditions millénaires, innovations méconnues et moeurs fascinantes. »

Au programme au collège, j’ai souvent eu des demandes de collègues sur cette thématique, et mon rayon était bien pauvre et gris! Révolution avec ce documentaire qu’on ne peut louper vu son code chromatique puissant et attirant. Les mises en pages sont variées et illustrées à grands renforts de photos de très belle qualité, les portraits politiques, les particularités sociales et culturelles, la spiritualité, les richessses et innovations,…, tout est traité avec grand soin. Un documentaire qui est à la fois ambitieux mais abordable, et qui provoque déjà une longue liste d’attente auprès des collègues et des curieux…

Infojeunes, 19 septembre 2012

L’Inde est l’autre géant du continent asiatique. « La plus grande démocratie du monde », dit-on souvent. L’Inde est aussi un géant par son héritage culturel, par ses personnalités qui ont marqué l’histoire et la pensée du monde, par ses potentialités économiques et industrielles qui, si l’on en croit les prévisionnistes, feront d’elle la troisième économie de la planète à l’horizon 2050.

Mais ce pays revient de loin. Sa pauvreté séculaire et son système social, aussi hiérarchisé que figé, ont longtemps pesé sur son développement et retardé son affirmation sur la scène du monde.

Ce volume, qui dépeint sans fard les pesanteurs comme les promesses de l’Inde d’aujourd’hui, propose une vue d’ensemble sur ce pays en marche vers son destin.

Et des clefs pour le saisir dans sa spécificité, loin des clichés et stéréotypes.

L’Inde en proie au doute

Posted in Inde by odalage on 3 janvier 2012

Qu’arrive-t-il aux Indiens ? Naguère encore, l’optimisme submergeait le pays : une croissance flirtant avec les deux chiffres, une flopée de success stories dans l’informatique, la médecine, l’ambition légitime d’obtenir un siège permanent au Conseil de sécurité à l’instar de l’autre grande puissance de ce XXIe siècle commençant (la Chine), et une vague condescendance envers la vieille Europe sclérosée et empêtrée dans ses réglementations…

La première alerte est venue des Jeux du Commonwealth. New Delhi avait obtenu l’organisation des Jeux en 2010. Ils devaient marquer l’apothéose de la nouvelle Inde. Rien n’était trop, beau, trop grand pour ces jeux. Las : quelques semaines à peine avant leur ouverture, la presse du monde anglophone ne parle que des retards dans les préparatifs, de la saleté des chambres réservées aux athlètes, et des prix invraisemblables payés aux fournisseurs, éveillant déjà les premiers soupçons de corruption. Le rétablissement de dernière minute qui permet aux jeux de se tenir dans des conditions normales ne vaut aucun satisfecit à l’Inde : des jeux du Commonwealth de New Delhi, on ne retient que les faux pas et les affaires de corruption. Une corruption massive !

Mais le public indien n’a pas eu le temps de digérer l’information qu’il découvrait l’ampleur des pots-de-vin qui ont accompagné l’attribution des licences dans la téléphonie mobile 2G : le manque à gagner pour l’État est estimé à 33 milliards de dollars qui n’ont pas été perdus pour tout le monde : le ministre des télécommunications, des hauts fonctionnaires, des hommes d’affaires, des journalistes sont mis en cause.

Dans le pays, où l’inflation dans le secteur alimentaire et la hausse des prix de l’immobilier fragilisent une part croissante de la population, c’est l’écœurement. Ce n’est pas tant la corruption qui choque – tous les Indiens y sont habitués depuis des décennies – c’est son ampleur qui semble ne plus connaître de limites. C’est alors que surgit Anna Hazare et sa proposition d’instituer une instance de médiation chargée de traquer la corruption dans tous les secteurs de la vie publique. La classe politique indienne, isolée qu’elle est par son clientélisme et ses privilèges, tarde à prendre conscience de l’écho rencontré par ce vieil homme qui cultive le look gandhien et qui, à l’instar de son modèle, utilise l’arme de la grève de la faim pour faire céder le gouvernement.

Mais de compromis en reniements, le gouvernement et le parlement temporise. Depuis deux ans, les divisions au sein de la classe politique empêchent de trouver une majorité pour passer les lois les plus urgentes. Le parlement est paralysé, le premier ministre Manmohan Singh, jadis réformateur audacieux, n’est plus que l’ombre de lui-même et a perdu sa magic touch. La maladie mystérieuse qui tient à l’écart la patronne du parti du Congrès Sonia Gandhi (un cancer, croit-on savoir) ajoute à cette paralysie du pouvoir. L’opposition ne semble guère plus vaillante.

La roupie est en chute libre, le déficit budgétaire se creuse, et le secteur bancaire est exposé aux risques liés aux crédits dispensés trop libéralement dans les années fastes, il y a seulement deux ou trois ans. Quand aux milieux d’affaires, à la fois victimes et complices de la corruption, ils votent avec leur pied en investissant, quand ils le peuvent, à l’étranger plutôt qu’en Inde.

Les Indiens évitent de le dire publiquement, mais ils observent avec inquiétude les Chinois aller de l’avant malgré la crise. En ce début d’année 2012, l’Inde à son tour est saisie par le doute et peine à discerner les indicateurs qui lui permettraient de renouer avec l’optimisme.

Olivier Da Lage

Lire aussi:

En Inde, l’esprit de Gandhi se retourne contre le parti du Congrès

Hello 2012! Here is a toast to trust

L’Inde de A à Z

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Documents administratifs : accès interdit !

Posted in Inde, Journalisme by odalage on 9 octobre 2011

Par Olivier Da Lage

Parmi les chantiers du futur président de la République, il est est un qui, à peu de frais, entraînerait une amélioration considérable de l’exercice de la démocratie en France: faire adopter par le parlement une loi sur la liberté d’accès aux documents administratifs. Une telle loi existe bien depuis 1978 mais il faut se rendre à l’évidence: elle ne fonctionne pas et rien n’est fait pour y remédier.

Un tiers de siècle après le vote de la loi du 17 juillet 1978 destinée à faciliter l’accès des citoyens aux documents administratifs, il est temps de reconnaître l’échec de cette louable tentative, malgré les timides aménagements apportés par la loi du 12 avril 2000. Le souci de transparence du Législateur était cependant réel, mais avec le recul, il est aujourd’hui évident que l’objectif affiché alors ne pouvait être atteint.

D’abord, les lacunes de cette loi sont nombreuses : les documents des assemblées parlementaires sont exclus du champ de la loi, tout comme les documents préparatoires aux décisions. Enfin, la notion d’exception à la règle de communication est trop large et imprécise pour garantir dans les faits la transparence officiellement recherchée.

Le refus par un fonctionnaire de communiquer un document réputé non secret n’est pas une faute passible de sanctions. Par conséquent, la tendance naturelle des administrations sera de considérer comme non communicable tout ce qui n’est pas expressément déclaré public. Le plus souvent, le refus n’est pas exprimé. Il se manifeste par l’absence de réponse à la demande.

Ensuite, en pratique, le mécanisme prévu par la loi est largement inopérant. L’avis de la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA) n’est que consultatif. Face à une administration qui persiste dans son refus de transmettre le document demandé, il faut recourir à la justice. Même dans le meilleur des cas, les délais cumulés aboutissent à une réelle opacité, :

* Si la CADA rend un avis positif suivi d’effet, la communication du document demandé n’interviendra pas, au mieux, avant trois mois.

* Si l’administration persiste dans son silence, il faut également attendre trois mois pour saisir le tribunal administratif. Dès lors, le délai est fonction de la rapidité de la justice administrative et d’un éventuel appel en Conseil d’État, ce qui peut porter le délai total à une année, voire davantage avant que le service concerné soit contraint de communiquer le document. Dans l’intervalle, des décisions irréversibles auront été prises sur la base des documents gardés secrets.

Toutes les évolutions actuelles de la société française vont dans le sens d’un désir de transparence accrue de la société française dans son ensemble : réforme du droit à l’information des enfants nés sous X, débat sur la vérité médicale que doit le médecin à son patient, ouverture des archives liées à la guerre d’Algérie en sont quelques-uns des exemples les plus récents.

De même, après plus de deux décennies où les tribunaux avaient tendance à mettre à mal le droit à l’information au profit exclusif du droit à la protection de la vie privée, des jurisprudences nombreuses et récentes, allant toutes dans le sens d’un rééquilibrage, s’efforcent désormais de mettre en balance les deux principes fondamentaux en insistant sur la contribution à la démocratie que représente (ou non) la divulgation d’informations attentatoires à la vie privée mais qui peuvent s’avérer nécessaire à l’information de la société dans son ensemble. De ce point de vue, les jugements rendus par la Cour européenne des droits de l’Homme ont constitué des étapes majeures.

L’article 10 de la Convention européenne est donc le socle principal sur lequel appuyer la demande de transparence administrative. L’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, repris dans l’article 19 du Pacte relatif aux droits civils et politiques de 1966 qui, en tant que traité international, est un texte de norme supérieure à la loi française, en est un autre.

Des principes fondamentaux sont proclamés par plusieurs textes européens pour fonder l’accès sans entrave aux documents administratifs : « permettre aux personnes physiques et morales d’avoir la possibilité de surveiller le fonctionnement des institutions et d’influer sur celui-ci », peut-on notamment lire dans l’article premier de l’avis adopté le 3 mai 2001 par le Parlement européen.

L’obligation de transparence prévue par le traité de Maastricht et le Traité d’Amsterdam ne s’applique qu’aux institutions européennes, ainsi que l’avis rendu le 3 mai 2001 sur « l’accès du public aux documents du Parlement, du Conseil et de la Commission ». Mais d’utiles enseignements pourraient en être tirés et transposés à l’échelon national. De même, les articles 41 (« droit à une bonne administration ») et 42 (« droit d’accès aux documents ») de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne posent le principe de l’accès aux documents administratifs. La France ne passe pas, au niveau européen, pour être à la pointe du combat pour la transparence. La société française peut s’appuyer sur les exemples étrangers pour améliorer son propre fonctionnement.

Aux États-Unis, le Freedom of Information Act, adopté en 1966 par le Congrès (et adapté en 1996 aux documents électroniques), s’il n’est pas le premier texte du genre, est certainement celui qui a connu la plus grande notoriété et l’utilisation la plus intense. Trente-cinq ans de pratique permettent d’affirmer que cette loi fonctionne. L’administration joue le jeu, et lorsque tel n’est pas le cas, le refus de communication est immanquablement sanctionné par la justice américaine. Il y aurait, pour les Français, une arrogance injustifiée à ne pas y regarder de plus près sous le prétexte que la culture juridique américaine diffère de la nôtre.

Dans ce domaine, comme souvent, les précurseurs se trouvent parmi les pays scandinaves. La première loi suédoise sur l’accès aux documents administratifs remonte à… 1766 et la transparence de l’administration a été inscrite dans la constitution suédoise en 1809. Le texte suédois délimite de manière extrêmement détaillée les modalités d’accès en établissant une présomption de transparence, à charge pour l’administration de renverser cette présomption. La Finlande, à son tour, a adopté semblable législation en 1951. Ces lois fonctionnent à la satisfaction de tous, n’ont pas compromis le bon fonctionnement des États suédois et finlandais et ont certainement contribué à rapprocher les citoyens de ces deux pays de leur administration.

Pourtant, les pays occidentaux ne sont pas les seuls à donner l’exemple : le Right to Information Act adopté en 2005 par le parlement indien a profondément changé la vie publique indienne. Sans avoir à justifier de leurs raisons, les citoyens indiens peuvent obtenir de l’administration qu’elle leur communique le casier judiciaire de leurs responsables politiques ainsi que ses diplômes, les travaux des différentes commissions d’enquêtes même lorsqu’ils n’ont pas été rendus publics. Les appels, en cas de refus de communiquer, ne dépassent pas une durée de 120 jours après la notification. Le refus par un fonctionnaire de communiquer l’information demandée, s’il ne rentre pas dans les exceptions prévues par la loi (défense nationale, atteinte à la vie privée, etc.) est punissable pénalement.

Certes, la France n’est ni l’Amérique, ni la Suède, ni l’Inde. Mais la France de 2011 n’est pas davantage celle de 1978 et elle a beaucoup à apprendre des autres. Élargir les droits du citoyen en lui garantissant un véritable accès aux documents administratifs, quel beau projet pour le Législateur en ce début de XXIe siècle !

Voir aussi:

Liberté d’informer

En Inde, l’esprit de Gandhi se retourne contre le parti du Congrès

Posted in Inde by odalage on 16 août 2011

Ça ne vous rappelle rien ? Un vieillard frêle défie les autorités. Ses seules armes : la grève de la faim et sa détermination à jeûner jusqu’à la mort si le pouvoir ne cède pas à ses exigences. La réponse –sans imagination– des autorités : son arrestation et celle de milliers de ses partisans, prêts à jeûner à mort comme lui pour faire plier les dirigeants. Et au bout de plusieurs semaines, le pouvoir cède, impuissant face à l’inflexibilité de ce vieil homme emprisonné, mais dont l’aura ne cesse de croître alors que ses forces diminuent. « Pourquoi M. Gandhi n’est -il pas encore mort ? », avait demandé au vice-roi un Churchill au comble de la frustration alors que le Mahatma conduisait sa énième grève de la faim du fond d’une prison indienne gardée par des Britanniques.

La suite est connue, l’Inde a obtenu son indépendance de la Grande-Bretagne, très largement grâce à la tactique suivie par Mohandas Karamchand Gandhi. Une tactique qui n’a fonctionné qu’en raison de la combinaison d’au moins deux facteurs : un combat considéré comme juste par une écrasante majorité des Indiens et par la faiblesse morale de l’argument des occupants coloniaux, et la conviction partagée que Gandhi ne bluffait pas et qu’il était effectivement prêt à mettre sa vie en jeu pour ses principes.

Gandhi, qui a présidé le parti du Congrès au début des années Vingt, et qui en est resté l’inspirateur jusqu’à sa mort et au-delà (aujourd’hui encore, les dirigeants du Congrès lui rendent rituellement hommage) pouvait-il envisager qu’un jour, un lointain disciple prendrait exemple sur lui pour obliger les dirigeants du Congrès à lutter sérieusement contre la corruption qui gangrène les institutions du pays, y compris le parti lui-même ? Probablement. Ce qu’en revanche le Mahatma n’aurait pas pu imaginer, c’est que les dirigeants du Congrès, pourtant instruits, expérimentés et intelligents, se montreraient assez stupides pour se comporter comme les Britanniques des années 30, oubliant toutes les leçons apprises du mouvement de libération nationale.

Anna Hazare, le septuagénaire gandhien qui a pris la tête de la croisade anticorruption, avait prévu d’entamer un jeûne public ce mardi 16 août, au lendemain de la fête de l’Indépendance au cours de laquelle le premier ministre Manmohan Singh a vigoureusement dénoncé le scandale de la corruption contre laquelle son gouvernement, impliqué dans différents scandales, ne fait pas grand-chose. En solidarité, les dabbawalas, cette confrérie de livreurs de gamelles de Bombay qui existe depuis plus d’un siècle, avait décidé, fait rarissime, de se mettre en grève pour le soutenir.

Refusant d’amender le tiède projet de loi anticorruption qui exclut du champ des investigations le premier ministres, les membres de la cour suprême et bien d’autres dirigeants du pays, le gouvernement en a été réduit à supplier Hazare de limiter son jeûne à 3 jours et le nombre de ses partisans présents à 5 000 au prétexte risible que le lieu choisi par Anna Hazare était prévu pour d’autres activités les jours suivants. Ce faisant, le gouvernement de Manmohan Singh n’a fait qu’illustrer son impuissance, tant à lutter contre la corruption qu’à convaincre Hazare et ses partisans du contraire. Il a surtout donné à Hazare un regain de prestige et de crédibilité. Enfin, la décision, stupide et irresponsable entre toutes, d’arrêter Hazare au petit matin de ce mardi 16 et d’opérer des rafles parmi plusieurs milliers de ses disciples ne peut qu’enflammer la situation.

Pour le gouvernement indien, il ne peut exister aucune issue favorable à cette crise :

Ou bien le gouvernement recule devant la détermination de Hazare, comme les Britanniques l’avaient fait devant celle de Gandhi voici près de huit décennies, et, tout en limitant les dégâts, il perd le peu de prestige qui lui reste, ou bien les forces d’Anna Hazare, qui a quand même 74 ans, le lâchent avant que les autorités aient cédé, et l’Inde se retrouve face à une catastrophe absolue. Car la mort en prison de celui qui apparaîtra comme un saint laïque, fidèle aux idéaux de Gandhi, pervertis par ses successeurs officiels, déclenchera à coup sûr une révolte d’une grande ampleur dans tout le pays contre le pouvoir sous toutes ses formes, et rien de permet d’espérer que cette révolte, elle,  se limitera à l’action non-violente qu’auraient sans nul doute préconisée Gandhi et Hazare. Les partis d’opposition, notamment le BJP, et les grandes entreprises privées auraient tort de se réjouir et de croire que la colère populaire se limiterait à prendre pour cible les dirigeants du Congrès et de la coalition au pouvoir : la corruption est généralisée et ne se limite pas à une couleur politique et pour qu’il y ait un corrompu, il faut qu’il y ait un corrupteur.

Il reste encore un peu de temps au gouvernement indien pour se reprendre, mais ce temps se compte en jours, en semaines tout au plus avant la catastrophe annoncée.

Olivier Da Lage

Mise à jour 16/8/2011 à 16 h 45 : les télévisions indiennes annoncent que le gouvernement bat en retraite et a décidé de libérer Anna Hazare et ses partisans dans la soirée.

Lire aussi:

Terrorisme: l’exaspération monde en Inde

L’Inde de A à Z , en collaboration avec Nina Da Lage, collection Les Abécédaires du voyageur, André Versaille Editeur, 2010.
Ce qu’en dit la presse

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Terrorisme : l’exaspération monte en Inde

Posted in Inde by odalage on 16 juillet 2011

Dans les heures qui ont suivi le triple attentat de Bombay qui a fait 26 morts et des dizaines de blessés, la presse a souligné le courage et la résilience des habitants de la métropole indienne qui a subi huit attentats meurtriers depuis 1993 ; les commentateurs, étrangers principalement, ont rendu hommage aux autorités indiennes qui, en l’absence d’indice, se sont gardés de lancer des accusations précises. Autrement dit, se sont abstenues de désigner le Pakistan.

On pourrait donc en conclure que l’Inde, l’une des principales cibles d’attentats terroristes dans le monde, si l’on excepte les pays en guerre, aurait dans son ensemble une attitude calme, prudente et raisonnée, une « zénitude » digne de la non-violence gandhienne, en quelque sorte.

Rien ne pourrait être plus éloigné de la réalité. La presse indienne n’a pas manqué de faire remarquer que les bombes qui ont explosé à Jhaveri Bazar, Opera House et Kaboutar Khana (dans le quartier de Dadar) ont été déclenchée le jour de l’anniversaire d’Ajmal Kasab, le seul survivant des terroristes qui ont commis les attentats du 26 novembre 2008 à Bombay et qui a été condamné à mort. En fait, ce n’était qu’un canular, mais la rumeur a été relayée sans vérification par nombre de journaux pour faire le lien avec le « 11-Septembre » indien, organisé par des groupes basés au Pakistan. On a également fait observer qu’à deux jours près, ce drame est intervenu cinq ans après la vague d’explosions qui a frappé Bombay le 11 juillet 2006. Des attentats également attribués à des groupes basés au Pakistan, bénéficiant de la bienveillance, pour ne pas dire davantage, de l’ISI, les services secrets pakistanais. Le rapprochement a évidemment été fait aussi avec l’explosion survenue à la German Bakery de Pune le 13 février 2010.

« On ne peut pas rester sans agir ! »

Bref, quelle que soient les précautions prises par le gouvernement indien, pour l’opinion publique, le coupable est déjà connu, jugé et condamné : c’est le Pakistan. Et la prudence même des autorités de Delhi provoque l’ire et l’incompréhension de nombreux Indiens de toute condition. Une réaction viscérale qui n’épargne pas les milieux les mieux informés et que l’on peut ainsi résumer : « Qu’attend donc le gouvernement pour réagir ! Nos ennemis voient bien que nous avons des dirigeants faibles qui exploitent leur indécision. Il faut frapper un grand coup pour donner un coup d’arrêt au terrorisme ». Et quand on objecte qu’il n’est pas si simple de savoir qui frapper, dans la mesure où le Pakistan est lui-même victime du terrorisme, on s’attire généralement un haussement d’épaules accompagné d’un : « il faut faire quelque chose, on ne peut pas rester sans agir ! ».

Autrement dit, ce qu’attend une grande part de l’opinion indienne, relayée par les chaînes d’information continue qui ouvrent leurs antennes aux stratèges en chambre belliqueux, l’Inde doit montrer sa force militaire au Pakistan. En mai dernier, lors de l’Opération Geronimo au cours de laquelle les forces spéciales américaines avaient tué Oussama Ben Laden au Pakistan, de nombreuses voix s’étaient élevées en Inde pour demander au gouvernement d’en faire autant. Ceux qui faisaient valoir les risques de dérapage vers un conflit ouvert entre l’Inde et le Pakistan avaient du mal à se faire entendre. Cette tendance ne fait que gagner du terrain à chaque opération terroriste frappant l’Inde. Et tout porte à croire que d’autres attentats meurtriers vont à nouveau endeuiller les métropoles indiennes : il est pratiquement impossible d’empêcher des extrémistes déterminés de poser des bombes dans des zones aussi peuplées et par conséquent, de faire de nombreuses victimes.

Jusqu’à quand le gouvernement pourra-t-il résister à la pression populaire ?

Jusqu’à présent, le gouvernement indien, au prix d’innombrables critiques, à réussi à ne pas céder à la pression populaire et à résisté à la tentation de mener une opération, même limitée, en territoire pakistanais. Mais la mauvaise volonté des autorités civiles et militaires pakistanaises pour collaborer à l’enquête sur les attentats du 26 novembre 2008 (niant, contre l’évidence, l’origine pakistanaise des inspirateurs de l’attaque terroriste) ne facilite pas cette attitude de retenue. Jusqu’à quand le gouvernement de Delhi, alors qu’approchent des échéances électorales qui s’annoncent difficile pour le parti du Congrès au pouvoir, pourra-t-il éviter de passer au registre militaire ?

Le prochain attentat meurtrier frappant l’Inde (car il ne fait guère de doute qu’il y en aura d’autres avant longtemps) apportera un élément de réponse. Si l’Inde choisissait l’option militaire, même limitée, le sous-continent indien entrerait dans un conflit dont nul ne peut prédire l’ampleur ni la durée entre deux puissances qui détiennent toutes deux l’arme nucléaire.

Olivier Da Lage

Lire aussi :
Opération Geronimo, Indian style
Le test de Pune


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