Le Blog d'Olivier Da Lage

Bahreïn, Qatar et les Émirats arabes unis : «S’adapter ou disparaître »(Géopolitique, Hiver 1990-1991, n°32)

Bahreïn, Qatar, émirats arabes unis
S’adapter ou disparaître

par Olivier Da Lage

Si Dieu leur prête vie, Bahreïn, Qatar et les émirats arabes unis célébreront dans un an leurs vingt ans d’états indépendants. Alors que l’Arabie Saoudite s’est formée au cours des années vingt, que la Grande-Bretagne a accordé au Koweït son indépendance dès 1961 et que le sultanat d’Oman n’a jamais été ni une colonie, ni un protectorat, c’est ensemble que les trois autres monarchies du Golfe ont accédé à la pleine souveraineté. En 1968, confronté à la chute de la livre sterling, le gouvernement travailliste de Harold Wilson entreprend de réduire les dépenses militaires et annonce le prochain retrait des forces britanniques situées  » à l’est de Suez « . Depuis que les Indes sont devenues indépendantes en 1947, la Route des Indes a perdu son caractère stratégique aux yeux de Londres, mais continue de coûter très cher. Bien qu’un Livre blanc publié par Whitehall en février 1967 ait clairement annoncé la couleur, le discours prononcé le 16 janvier 1968 par Harold Wilson plonge dans la stupeur les principautés du Golfe : le chef du gouvernement britannique y déclare que la Grande Bretagne compte effectivement se retirer de la région avant la fin 1971.

Loin de se réjouir à la perspective d’assumer leur destin, les émirs ne dissimulent pas leur inquiétude. Leurs émirats commencent à peine à bénéficier des richesses pétrolières ce qui a ravivé les convoitises de certains états voisins, à commencer par l’Iran. D’ailleurs, le Chah saisit l’occasion pour réitérer ses prétentions sur le territoire de Bahreïn, considéré à Téhéran comme la  » quatorzième province  » de l’empire des Pahlavi. Une mission exploratoire des Nations Unies se rend sur place et conclut que le peuple bahreini souhaite l’indépendance et ne pas être rattaché à l’Iran. Sous la pression des occidentaux, le Chah, qui a besoin de l’appui américain renonce à contre-cœur à ses revendications sur Bahreïn et en mai 1970, le majlis (parlement iranien) entérine cet abandon.

Abandon, c’est aussi le mot qu’avait employé l’opposition conservatrice aux Communes pour condamner la décision du gouvernement travailliste. Pourtant, revenus aux affaires à la faveur des élections de juin 1968, les conservateurs ne remettent pas en cause le départ des forces britanniques du Golfe et confirment que ce départ doit intervenir avant la fin 1971. Néanmoins, sensible aux préoccupations des roitelets du Golfe, Londres leur propose de conclure avec chacun d’eux des traités d’amitié comparables à celui qui fut signé avec Koweït en 1961 et qui a protégé ce dernier de l’irrédentisme irakien de 1961 à 1963. Parallèlement, la Grande Bretagne invite instamment les différents émirats à se regrouper au sein d’une fédération. Le temps du  » divide and rule «  qui fit la force de l’empire britannique est révolu. L’heure est au rassemblement et non plus à l’arbitrage. Les neuf émirs de Bahreïn, Qatar, Charjah, Foujeirah, Ajman, Oumm Al Qaiwain, Ras Al Khaymah, Abou Dhabi et Dubaï se lancent dans de laborieuses négociations censées aboutir à la formation d’un état fédéral. Mais les forces centrifuges sont à l’œuvre. Trop de rivalités dynastiques opposent les cheikhs de l’ancienne côte des Pirates, rebaptisée côte de la Trêve depuis que la marine britannique y mit bon ordre au siècle dernier. Les pourparlers échouent sur la question de l’emplacement de la future capitale. Les Al Khalifa de Bahreïn, arguant de l’ancienneté de leur dynastie et de l’éducation du peuple bahreini, exigent que Manama soit la capitale de la future union. Cheikh Zayed, émir d’Abou Dhabi, fort de ses richesses pétrolières et de sa position géographique centrale dans la Fédération en voie de constitution, a pour sa ville les mêmes exigences. Bahreïn, faute de pouvoir emporter l’adhésion des autres émirats et refusant de céder choisit d’aller seul à l’indépendance. Qatar, qu’une ancestrale rivalité oppose à Bahreïn, ne peut faire moins. Aucune médiation ne fera revenir Bahreïn et Qatar sur leur volonté de faire cavalier seul, les sept autres émirats refusant pour leur part de céder aux caprices des deux premiers.

à l’échéance fixée trois ans auparavant, les Britanniques tiennent parole et en décembre 1971, Bahreïn, Qatar, et les émirats arabes unis (EAU) deviennent des états souverains et sont admis aux Nations Unies, à la Ligue arabe, et dans les diverses institutions qui témoignent d’une reconnaissance de la communauté internationale.

Les émirats arabes unis

Les problèmes ne manquent pas pour les pères fondateurs de la fédération des émirats arabes unis. Réunis au sein du Conseil fédéral suprême, les sept émirs ont choisi Abou Dhabi comme capitale fédérale à titre temporaire et. Cheikh Zayed, émir d’Abou Dhabi, assume la présidence tandis que la vice-présidence, largement symbolique, échoit à Cheikh Rachid de Dubaï. Dubaï, rival traditionnel d’Abou Dhabi, ne peut se résoudre à accorder de façon permanente un tel avantage à son concurrent. Les EAU s’installent dans le provisoire tandis qu’une sourde lutte oppose Dubaï à Abou Dhabi. Le premier se fait le défenseur de l’autonomie des émirats face au second qui met l’accent sur le nécessaire fédéralisme du nouvel état. En attendant, cette rivalité paralyse les institutions, chaque émirat conservant les siennes, en particulier les forces armées. Ce n’est qu’en 1976 qu’une armée fédérale voit le jour. Cheikh Rachid, l’émir de Dubaï, veille à éviter tout empiétement fédéral sur ses prérogatives. Une crise constitutionnelle surgit en 1979, menaçant la fédération d’éclatement. Un an plus tard, en mars 1980, Cheikh Rachid et Cheikh Zayed parviennent enfin à un accord sur le financement de l’état : la moitié des recettes pétrolières de chacun des émirats sera versée au budget fédéral. En pratique, cela ne concerne que Dubaï et Abou Dhabi, et dans une moindre mesure Charjah, les quatre autres émirats n’ayant guère de ressources en hydrocarbures. Avec le temps, Abou Dhabi confirme sa suprématie en demeurant la capitale de l’état, tandis que son émir se voit confirmé en 1981 à la présidence des EAU. La grave maladie qui frappe peu après Cheikh Rachid, mettant ce dernier hors jeu, consacre de fait la victoire définitive de Cheikh Zayed sur son ancien rival. Pendant près d’une décennie, Dubaï se replie sur son activité traditionnelle de commerce avec l’Afrique, l’Inde et l’Iran, laissant la politique à Abou Dhabi. Mais la mort de Cheikh Rachid en octobre 1990 et son remplacement par l’un de ses fils Cheikh Maktoum annonce sans doute une redistribution plus égalitaire des postes de responsabilité entre Dubaï et Abou Dhabi au sein de la fédération.

Bahreïn

Bahreïn, minuscule archipel quasiment dépourvu de pétrole, a suivi une voie bien différente. Sous l’impulsion de l’inamovible ministre de l’Industrie, Youssef Chirawi, l’émirat a choisi de devenir une société de services pour l’ensemble de la région, et bénéficier ainsi des retombées des pétrodollars. A partir de 1975, Bahreïn est devenu une place bancaire majeure, profitant tout à la fois de sa position géographique à mi-chemin entre Londres et Tokyo, de la guerre civile au Liban, de la législation bancaire très restrictive de l’Arabie Saoudite et de dispositions fiscales très avantageuses pour les banques offshore, c’est-à-dire intervenant sur les marchés extérieurs. Une cale sèche géante est construite pour les pétroliers, ainsi qu’une usine d’aluminium et qu’une raffinerie de pétrole qui raffine surtout le brut exploité en commun par Bahreïn et l’Arabie Saoudite, ce qui revient en réalité à une subvention déguisée de l’Arabie à son petit voisin.

Pétris d’éducation anglaise et ayant pour modèle la réussite de leurs cousins Al Sabah du Koweït, les Al Khalifa tentent de mettre sur pied une démocratie parlementaire dans le cadre d’une monarchie constitutionnelle. Mais à la différence du Koweït, Bahreïn compte de longue date un mouvement ouvrier puissant qui envoie à l’Assemblée des députés nationalistes de gauche dont certains sont proches des communistes. Ne supportant plus les critiques de l’opposition, la dynastie régnante met fin à l’expérience dès 1975. Un autre sujet d’inquiétude taraude la famille royale : la majorité chiite des habitants de Bahreïn supporte mal la férule de la famille sunnite des Al Khalifa. L’émir, Cheikh Isa bin Salman Al Khalifa a beau avoir nommé cinq ministres notoirement chiites, cela n’a pas suffi à lui rallier ses sujets de confession chiite. Les premiers soubresauts de la révolution islamique d’Iran ont très rapidement des échos à Bahreïn où dans les années 1978-1980, la popularité de Khomeiny est incontestable chez les chiites bahreinis qui organisent à cette période de nombreuses manifestations efficacement réprimées par une police secrète dirigée par des mercenaires britanniques.

Qatar

De tels problèmes sont étrangers aux préoccupations de Cheikh Khalifa bin Hamad Al Thani, qui règne sur une population autochtone presque entièrement sunnite de rite wahhabite comme les Saoudiens, et très peu nombreuse (à peine plus de 100 000 Qataris). Autant dire que ces derniers ont un très fort sentiment d’appartenance commune qui fait dire aux Qataris qu’ils constituent une grande famille dont l’émir serait le chef. Patriarche vétilleux et autoritaire, Cheikh Khalifa exerce un contrôle tatillon sur l’ensemble des affaires de l’état qu’il gère, en dépit des immenses richesses de l’émirat, comme un épicier près de ses sous. Qatar a ainsi échappé à cette folle multiplication de dépenses somptuaires qu’ont connues les états voisins, en émulation permanente pour un prestige aussi coûteux qu’inutile. Pour vivre heureux, vivons cachés, telle semble être la maxime qui a présidé à la politique du Qatar en vingt ans d’indépendance.

Les défis des années quatre-vingt

La décennie quatre-vingt s’ouvre par le conflit Iran-Irak. Cette guerre donne la possibilité aux monarchies du Golfe de se regrouper au sein du Conseil de coopération du Golfe (CCG) tout en laissant l’Irak en dehors du nouvel organisme. à la différence de l’Iran, l’Irak faisait en effet partie de la plupart des institutions régionales existantes, mais cela n’enlevait rien à la méfiance des pétromonarchies envers la république irakienne qui, dans un passé récent (la décennie soixante-dix) avait fomenté plusieurs complots contre les dynasties en place. Seule, la crainte des émirs devant la puissance militaire irakienne les empêchaient de dire ouvertement à Saddam Hussein qu’ils ne voulaient pas de sa  » Charte nationale arabe  » (février 1980) et qu’ils voulaient rester entre eux. En se lançant dans son aventure militaire, Saddam leur donne le prétexte attendu. En revanche, à partir de 1982, le soutien verbal des monarques à l’Irak devient sincère. La poussée iranienne en Irak les inquiète sur les conséquences pour eux-mêmes d’un effondrement irakien. Les services de sécurité de Bahreïn ont déjoué en décembre 1981 une tentative de coup d’état inspiré par l’Iran qui voulait remplacer la dynastie des Al Khalifa par une république islamique. De plus, certains dirigeants de Téhéran avaient réactivé la vieille revendication iranienne sur Bahreïn (l’ayatollah Sadeq Rouhani).

Mais au lieu de souder les rangs, l’intensification de la guerre a approfondi les divisions entre les membres du CCG entre d’un côté les  » durs  » (Koweït, Bahreïn, Arabie Saoudite) partisans de la fermeté face à l’Iran, et les tenants d’une politique équilibrée entre Bagdad et Téhéran (EAU, Qatar et Oman). Pour ne rien arranger, une ancestrale dispute territoriale concernant des bancs de sable entre Bahreïn et Qatar dégénère en avril 1986 en un mini-conflit armé entre les deux émirats sur l’îlot de Facht-el-Djebel.

La mévente du pétrole à partir de 1982 plonge les émirats dans un marasme économique auquel ils étaient d’autant moins préparés qu’ils venaient tout juste de connaître le boom consécutif aux deux chocs pétroliers de 1973 et 1979. Si Bahreïn, qui n’a jamais vécu sur un grand pied, parvient à faire face malgré la morosité ambiante, l’état du Qatar commence à passer pour un mauvais payeur. Le développement de ses prodigieux gisements de gaz naturel du Dôme du Nord suppose des investissements colossaux et il n’a plus les moyens de financer cet effort. Les impayés s’accumulent et les faillites se multiplient chez les sous-traitants, tandis que les entreprises étrangères hésitent à s’engager davantage dans le pays. Le problème est comparable aux émirats arabes unis où la surbancarisation du pays engendre une crise de liquidités dont les banques locales ne sortent pas indemnes. La paie des fonctionnaires arrive avec plusieurs mois de retard. Les flux migratoires commencent à s’inverser dans ses pays qui, Bahreïn excepté, comptent davantage d’immigrés que d’autochtones. à cela s’ajoute le retour d’Europe ou des états-Unis de jeunes diplômés qui ne trouvent pas d’emploi à leur convenance. On commence ici et là à parler de  » bahreinisation « , de  » qatarisation  » ou d' » émiratisation  » des emplois.

Certes, en vingt ans, ces jeunes pays ont accumulé les réussites : en dépit des prédictions pessimistes, les états sont stables ; on a assisté à un développement de l’enseignement et de la médecine ; tous ces services sont gratuits et les pays du Golfe incarnent à merveille les bienfaits de l’état-providence. Mais certains commencent, à mi-voix, à critiquer l’immobilisme dans lequel s’enfoncent des gouvernements dont les membres sont pratiquement les mêmes que vingt ans auparavant.

Le choc d’août 1990

L’invasion du Koweït par l’Irak le 2 août 1990 a mis à nu la vulnérabilité des autres émirats. Malgré les efforts d’intégration militaire au sein du CCG (la force de déploiement rapide du Golfe baptisée  » Bouclier de la Péninsule  » a été parfaitement inopérante) tous ont fait appel à l’assistance militaire occidentale, chacun en fonction de ses affinités : les Bahreinis se sont tournés vers les Américains et les Britanniques, les EAU vers les Américains et les Français et les Qataris vers les Français. Le bellicisme observé chez ces dirigeants, qui ne s’est publiquement manifesté qu’après l’arrivée dans la région des renforts américains, est à la mesure de leur frayeur rétrospective. Une histoire qui circulait au cours de l’été dans le Golfe met en scène l’émir de Bahreïn. Cheikh Isa appelle au téléphone Saddam Hussein et, à peine ce dernier a-t-il décroché que l’émir de Bahreïn l’abreuve d’injures, le traitant de voyou, de dictateur et autres qualificatifs déplaisants.  » Mais qui est à l’appareil ? « , demande alors le président irakien.  » Heu… L’émir du Qatar ! «  répond Cheikh Isa avant de raccrocher précipitamment.

Pour irrévérencieuse qu’elle soit, cette histoire illustre parfaitement l’état d’esprit prévalant dans les émirats en cette fin de l’année 1990. Preuve est faite qu’une dynastie au pouvoir depuis 250 ans (les Al Sabah) peut être renversée, ce qui est de mauvais augure pour les autres monarques. De plus, la légitimité interne des monarchies du Golfe est remise en cause. Certes, contrairement aux années soixante et soixante-dix, on ne trouve plus guère de révolutionnaires républicains. Le principe monarchique n’est pas remis en cause en tant que tel, mais les élites marchandes et technocratiques demandent à prendre part au processus de décision.

Les nécessaires réformes

Beaucoup pensent en effet que le pacte traditionnel entre les familles régnantes et la caste des marchands (aux premières le pouvoir et aux seconds les affaires) a été unilatéralement rompu par les familles royales. L’irruption des princes dans les affaires, où ils abusent de leur position pour emporter les marchés, est à l’origine de vives tensions dans tous les émirats, sans exception. De même, les quadragénaires diplômés supportent mal la tutelle de supérieurs hiérarchiques dont les responsabilités sont fonction de leur degré de parenté avec l’émir et ne doit rien à leurs compétences. Certains membres des familles régnantes, eux-mêmes technocrates, partagent souvent cet avis.

Tous ne demandent pas nécessairement un système parlementaire à la koweïtienne, mais ils veulent une nouvelle définition de la répartition du pouvoir dans leur cité. Les gouvernants de Bahreïn, Qatar et des émirats devront apporter une réponse à une demande qui se fera d’autant plus pressante que la crise à révélé la loyauté des citoyens du Golfe envers leurs dirigeants. à n’en pas douter, ces derniers devront marquer d’une façon ou d’une autre leur reconnaissance et non se replier sur leur pouvoir autocratique. Au Qatar et aux émirats, les récents remaniements gouvernementaux paraissent aller timidement dans ce sens. Mais à Bahreïn, la peur de la majorité chiite semble paralyser le pouvoir des Al Khalifa. Enfin, contrairement à Oman, Koweït et même à l’Arabie Saoudite, aucun de ces émirats n’a annoncé la prochaine constitution d’un conseil consultatif plus représentatif que les institutions existantes.

La crise a donc révélé aux habitants des émirats leur citoyenneté. Elle s’est manifestée aux émirats arabes unis par l’appel à une conscription volontaire des jeunes Emiratis. Si sa fonction militaire est encore discutable, elle paraît en revanche remplir une fonction civique d’allégeance à l’état fédéral, en brassant des jeunes gens originaires des différents émirats composant les EAU.

Sur le plan international, les autorités des émirats ont entrepris une révision complète de leur politique étrangère. Amèrement déçus par le monde arabe, ils ont brutalement réalisé qu’il ne suffisait pas de payer pour acheter des amitiés et que l’aide dispensée jusqu’alors engendrait davantage l’envie que la reconnaissance. Ils comptent à présent développer leurs liens avec les puissances du conseil de sécurité – Bahreïn, mettant fin à une anomalie, a emboîté le pas à l’Arabie Saoudite en établissant en septembre des relations diplomatiques avec Moscou – et les pays asiatiques consommateurs de pétrole. Enfin, sur un plan régional, ils se sont employés à restaurer leurs liens avec l’Iran, seule puissance capable d’équilibrer la force de l’Irak. Après des années de brouille, le ministre bahreini des affaires étrangères a été reçu à Téhéran début novembre.

Désormais, les émirs n’ignorent pas – ou ne devraient pas ignorer – que s’ils veulent perpétuer leur pouvoir, ils leur faut rapidement satisfaire trois conditions :

* Parvenir à un meilleur partage des richesses avec les états arabes moins favorisés.

* Trouver une formule de participation politique qui satisfasse la classe marchande et les technocrates de leurs émirats.

* Mettre sur pied un système régional de sécurité collective comprenant les membres du CCG, le Yémen, l’Irak et l’Iran.

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