Le Blog d'Olivier Da Lage

FNPF, De Profundis

Posted in Journalisme by odalage on 25 novembre 2009

Au milieu des années 90, alors que les syndicats de journalistes demandaient (en vain) aux éditeurs d’ouvrir un dialogue sur les droits d’auteur à l’heure d’internet, j’ai eu la curiosité de voir à quoi pouvait ressembler le site internet de la Fédération nationale de la presse française. J’ai donc tout bêtement tapé www.fnpf.fr et devant l’écran qui s’est affiché, j’ai été pris d’une inextinguible crise de fou-rire : l’URL existait bien, mais elle était celle de la Fédération nationale des professionnels du funéraire !

Aujourd’hui, l’heure n’est pas à la rigolade, car c’est bien d’un enterrement qu’il s’agit : la Fédération nationale de la presse française vit ses dernières heures. Elle se mourait de langueur depuis quelques années, ne s’étant jamais tout à fait remise du départ de la presse magazine, emmenée par son syndicat le SPMI quelques mois à peine après l’inauguration fastueuse du nouveau siège de la FNPF, rue de Madrid, par son fringuant président de l’époque Jean Miot.

Mais la FNPF n’est pas morte de sa belle mort. Le coup de grâce a été porté par le Syndicat nationale de la presse quotidienne régionale, le SPQR qui se voit désormais aussi invincible que les légions romaines dont il a repris l’emblème. La presse régionale, c’était quand même le gros des troupes de la FNPF. Plus de SPQR, plus de FNPF, CQFD.

Et alors, me direz-vous ? Pourquoi un syndicaliste journaliste verserait-il des larmes sur la disparition d’une fédération patronale ?

Tout simplement parce que cet émiettement n’est bon pour personne. La nouvelle direction du SPQR veut faire du passé table rase. Rien de ce qui s’est fait ou dit avant son arrivée ne semble trouver le moindre mérite à ses yeux. Difficile pour les partenaires d’un tel interlocuteur. Autrement dit les autres fédérations d’éditeurs (fort mal traitées par le SPQR), les pouvoirs publics, qui ont bien du mal avec ces interlocuteurs épars qui, au surplus, ne se sentent guère liés par les engagements pris par leurs prédécesseurs, et aussi, bien sûr, les syndicats de journalistes, qui ne parviennent plus à trouver de partenaires stables et fiables pour les innombrables négociations sociales que prévoit la loi, mais aussi pour les non moins nombreux problèmes qui se posent à la presse et où une discussion entre syndicats et éditeurs est une nécessité.

Pour l’heure, ces adeptes des rapports musclés entre patrons et employés ne paraissent pas s’en émouvoir. Leur attitude rappelle celle du directeur du Matin,  Maurice Bunau-Varilla, qui aimait à répéter dans les années 30 : « Au Matin, il n’y a pas de journalistes, il n’y a que des employés ».

Pour toutes ces raisons, la disparition programmée de la FNPF n’est pas une bonne nouvelle pour les journalistes.

Olivier Da Lage

PS : www.fnpf.fr correspond désormais au site de la Fédération nationale de la pêche en France !
Voir aussi: Le premier statut des journalistes (Le Monde, 2-3 avril 1995)

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Une Réponse

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  1. Marie-Noëlle Auberger said, on 28 novembre 2009 at 12:23

    La FNPF presse est dite avoir le site http://www.fedepresse.org/ mais celui-ci est un site marchand, le site est http://www.portail-presse.com.

    Et FNPF, cela peut être aussi
    Fédération Nationale des Patros Féminins
    Fédération Nationale des Producteurs de Fruits
    sans parler de Friends of National Parks Foundation
    ou Fiji National Provident Fund


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